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We wish you a merry Christmas…

And a happy New Year !

Avant d’avoir un enfant, je savais que les fêtes pouvaient être éprouvantes pour mon estomac. Pour mon foie, aussi. Et pour mes oreilles quand Tonton André lancerait au choix une blague sexiste à souhait, une absurdité sur l’immigration ou les chômeurs, des propos plus que racistes ou oserait critiquer le repas de tata Muriel qui s’était démenée pendant que lui était vautré dans le canapé. Ce que j’ai découvert une fois le divin enfant arrivé, en revanche, c’est que non seulement Tonton André disait toujours autant de conneries, mais qu’en plus Tata Muriel s’y mettait aussi. Voyez plutôt…

Allô, la bienveillance ? Vous me recevez ?

Ha Noël… Cette période bénie où ne règnent que douceur, joie, grâce et volupté. Ce moment où on traîne en pyjama en faisant des cookies avec les enfants sans même salir la cuisine. Cette période où on se couche à pas d’heure sans problème, car demain, c’est grasse mat’… FAUX ! S’il y a bien une période où on ne se repose pas pendant l’année, et encore moins avec des enfants, c’est la période de Noël. Entre les trajets interminables vers la famille, le shopping de dernière minute, les repas à préparer et/ou à manger pendant de longues heures et le mont incalculable de cadeaux à transporter/monter/démonter/ranger/échanger (rayez la mention inutile) qui rendent les enfants hors de contrôle, on ne sait plus où donner de la tête. Mais je pense que ce qui épuise le plus pendant les fêtes, ce sont les éternelles justifications que nous devons apporter sur nos modes de vie ou nos façons de faire avec nos enfants.

« – Cacahuète, viens faire un bisou à Tatie. Non ? Allez, ma fille, viens. Oooh, mais qu’elle est mal polie

– Non, Tatie, si Cacahuète ne veut pas te faire de bisou, je ne l’obligerai pas. Et toi non plus. « 

Non, mais sérieusement, que celui ou celle qui n’a pas été confronté-e à cette situation pendant les fêtes me jette la première huitre ! Je ne compte même plus le nombre de fois où j’ai dû expliquer que non, si ma fille ne veut pas faire de bisou ce n’est pas pour intentionnellement faire de mal, et encore moins parce que son éducation laisse à désirer, c’est juste qu’elle n’en a pas envie. Et si elle dit non, c’est non. Point. Comment pouvons-nous inculquer une quelconque (allitération en « q ») notion de consentement à nos enfants si notre propre famille n’est pas capable de respecter leur « non ». Honnêtement, je suis convaincue que cette éducation commence justement par ce point précis. Si nos refus ne sont pas entendus par nos proches, si nos « non » ne sont pas pris au sérieux dans le cercle familial, comment en serait-ce autrement dans n’importe quelle autre sphère ? Et pire, comment pouvons-nous accepter les refus des autres si nos propres refus ne le sont pas ? Essayez d’expliquer ça à Tatie entre le fromage et le dessert, je ne vous garantis pas d’excellents résultats. Mais si au moins vous avez essayé, alors vous avez tout mon respect.

« – Bah alors, Cacahuète, et le pot ?
– Bah alors, Mamie, et la Tena ? »

Haaaaa ! En voilà un sujet qui ne manque pas d’être mentionné une fois que nos enfants savent marcher et ont commencé à parler… La propreté (enfin, l’acquisition du contrôle sphinctérien. À vos souhaits) ! S’il y a bien quelque chose que je ne comprends pas, c’est la raison pour laquelle nos familles semblent si intéressées par ce qui se passe ou non dans la couche de nos enfants. Et surtout, la pression qui est mise sur les parents pour qu’ils soient « propres » le plus vite possible. Ce n’est pas une course, et surtout la propreté n’est pas quelque chose qui peut être apprise de force. C’est un mécanisme physiologique qui demande une certaine maturité psychologique qu’on ne peut clairement pas avoir à 21 mois et 18 jours ! C’est à l’enfant d’apprendre à contrôler ses sphincters de lui-même et quand il se sent prêt pour ça, pas aux parents de lui imposer la date et l’heure du sacro-saint caca dans le pot. Évidemment, quand j’ai avancé cet argument à Mamie, elle m’a ri au nez, s’est repris une part de buche au chocolat et m’a dit : « Non, mais j’ai eu des enfants, avant toi. »

D’ailleurs, parlons-en des enfants… Vous l’avez sans doute compris, Cacahuète approche dangereusement de l’âge de 2 ans… Soit le moment venu pour la fameuse question :

« – Alors, c’est pour quand le deuxième ?
– Hmm… What about jamais ? [regard offusqué de la cousine Germaine] »

Parce que c’est évident, lorsque ton enfant commence à grandir, ton utérus retombe petit à petit dans le domaine public. Pour fêter ça, je vous propose un florilège des réponses auxquelles nous avons eu droit quand nous avons annoncé à nos familles que nous n’étions pas certain de vouloir un jour de deuxième enfant :

« Vous êtes sûrs ? Parce que s’il arrive quelque chose… »

Non, vous ne rêvez pas. Se consoler de l’éventuel décès du premier enfant est un excellent argument pour pousser à procréer une seconde fois.

« Mais, ce n’est pas un peu égoïste de ne pas offrir de sœur ou de frère à Cacahuète ? »

Et ce n’est pas un peu c*n de faire culpabiliser les gens, comme ça ? Peut être qu’ils se détesteraient et qu’on lui rend service, en fait ?

« Cacahuète va devenir une peste si elle est fille unique »

Son papa est fils unique. Merci.

En enfin, last but not least :

« Vous devriez vous dépêcher, au moins vous êtes tranquille après »

J’avoue, je n’ai toujours pas compris cet argument. On parle d’un enfant ou d’une tâche ménagère ? Non, parce que je ne comprends pas bien à quel moment on est « tranquille » quand on a un enfant ? Il y a TOUJOURS de nouvelles choses plus ou moins difficiles, TOUJOURS des nuits difficiles, TOUJOURS des inquiétudes, et aussi TOUJOURS des instants magiques de bonheur, TOUJOURS de l’amour, et TOUJOURS des rires et de la bienveillance. Alors non, vraiment, je ne comprends pas l’utilisation de ce mot, « tranquille ».

Oh, tiens, salut jeune nullipare (mâle ou femelle) qui passe par ici ! Je suis navrée, je ne te ferai pas de point « nullipare » dans cet article. Non, non, je n’en ai pas marre de toi. Au contraire, j’adore nos discussions. Mais je suis convaincue que ta famille à toi aussi a été reloue pendant les fêtes, alors pas besoin de t’expliquer quoi que ce soit.

En attendant, je vous souhaite à toutes et tous une excellente année 2019…

Autour d’un café 😉

 

Crédit photo : © Lexk Photo

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4 commentaires

  • Marine

    Bien d’accord avec toi concernant le bisou, ma fille voit certains membres de la famille 1 fois par an… A Noël, comment pourrait-elle se jeter à leur cou pour leur dire bonjour ? Elle ne les connaît pas !! Et dans quelques temps, on lui apprendra à ne pas suivre un inconnu, il faut donc être cohérent. Alors quand c’est ça, je la prends à bras devant tout le monde et j’explique « à ma fille » ? que si elle ne veut pas faire de bisous je ne la forcerai pas mais elle doit dire bonjour avec sa main ou parler. Pour le moment je n’ai jamais eu de remarque en retour…
    Pour la question du 2ème j’ai bien rigolé. Mais je te rassure, quand tu en as 2 mais que c’est 2 filles on te dit d’en faire un 3ème pour avoir un petit mec ! (Heuuuu arrivée à 15 filles je pourrais arrêter ou je persiste et signe pour un petit mec qui n’arrivera peut-être jamais ?)

    • Banana

      Haha et surtout va expliquer que tu ne souhaites pas forcément de petit garçon… Un coup à déclencher une guerre familiale à base de « encore une pisseuse ? ». Comme si c’était horrible d’être une fille. Brrr. Merci pour ton commentaire, le partage et tout ça. Ça me touche vraiment beaucoup. Bises

  • Japanbanana

    C’est dingue cette histoire du bisou ! Encore aujourd’hui en tant qu’adulte je trouve ça dingue de devoir faire systématiquement la bise à ces personnes soit disant d Ema famille, que je n’ai vu qu’une fois tous les 5ans, et qui s’étonne de me savoir mariée. HELLOOOOOO ! C’est dire l’état de nos relations chers gens. Alors c’est très bien de défendre ton éducation ! Tout comme être contre les propos douteux de tonton Albert ! C’est pas parce qu’on est de la même famille qu’on est obligé de tout supporter ! =p

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