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Welcome back !

Avant d’avoir un enfant, je savais qu’être parent, ça pouvait être compliqué. Je savais que mon nombre d’heures de sommeil allait être divisé par au moins -8000, et que physiquement, je me sentirais aussi bien que si un 35 tonnes m’avait roulé dessus. Aller et retour. Ce que je ne savais pas, en revanche, c’est que je n’allais pas toujours être très heureuse. Et ça, ça a été plutôt difficile à accepter.

« Tu verras, être parent, c’est formidable ! C’est un peu dur au début, mais ce n’est que du bonheur ! »

Que celui ou celle qui n’a jamais entendu cette phrase alors qu’il/elle s’apprêtait à être parent me jette sa première couche explosive. Pourtant, la réalité est tout autre. Être parent, ce n’est pas seulement dur au début. C’est dur toute la vie. Et non, ce n’est pas que du bonheur. Pas tout le temps.

Il y a quelques semaines, j’ai posté quelques lignes sur mon compte Instagram. Je traversais une période compliquée, je pleurais souvent, je n’arrivais pas à voir le bon côté des choses, bref j’étais malheureuse.

Voyez plutôt :

« Ces derniers temps, je traverse un passage à vide et je ressens le besoin de le partager. Pourquoi ? Parce que je suis persuadée que je ne suis pas la seule à passer par là, et qu’à plusieurs on est sûrement plus forts. J’aimerais en parler sur le blog, mais je n’ai pas le recul nécessaire pour y mettre les touches d’humour habituelles. Alors je vous ai demandé votre avis et c’est par ici que ça se passe.
Tout a commencé, je pense, quand mon allaitement s’est terminé. Je crois très franchement que je n’étais pas prête pour ça. Et surtout je ne m’y attendais pas. Du jour au lendemain, Cacahuète n’a plus voulu prendre le sein (et plus une goutte de lait tout court, la demoiselle préférant largement le coulommiers à un biberon). Enfin du jour au lendemain… Il y a eu un événement : je suis partie 3 jours à Paris pour le boulot. Le soir de mon retour, elle était trop contente de retrouver le sein. Mais dès le lendemain : plus rien. Je pensais qu’elle me boudait simplement d’être partie, et je le comprenais. Mais ça a duré. Jusqu’à mettre un terme à notre relation lactée. Ça a été très difficile pour moi, car d’un coup, c’était comme si elle me disait : “tu vois, je n’ai pas vraiment besoin de toi”. Du jour au lendemain, je n’étais plus indispensable à la survie/alimentation de ma fille.
Et c’est ma façon entière d’être maman qui a été remise en question.
Il faut que je vous avoue que pour moi, être maman, ce n’est pas si simple. J’ai une peur panique de faire du mal à ma fille (pas physiquement, hein ?), de ne pas être à la hauteur, et je suis sans cesse sur mes gardes, à douter du moindre geste, alors que je passe ma vie à conseiller des mamans et à leur dire qu’elles sont géniales, car seul l’amour qu’elles portent à leurs bébés compte. J’en suis convaincue. Mais je n’arrive pas toujours à l’appliquer…
Après l’arrêt de l’allaitement, j’ai commencé à douter de tout : de ma capacité à être une maman, et aussi de ma capacité à être l’amoureuse qu’il fallait pour mon amoureux. Parce que oui, l’arrêt de l’allaitement a laissé des traces sur une partie de mon corps (ha bon?), et mes seins qui étaient si beaux et dont j’étais si fière n’étaient plus d’actualité… Enfin ils avaient surtout descendu d’un petit étage. Et étaient plus flasques. Et le sont toujours d’ailleurs. Bref, vous avez compris. Petit à petit, je me suis persuadée que mon amoureux ne pouvait plus m’aimer comme ça, que je n’étais plus assez bien pour lui, et qu’il n’avait plus aucune raison d’être fier de moi parce que j’avais perdu mon pouvoir de superwoman qui fabriquait de la nourriture de notre bébé. Mais je n’ai rien dit. À personne. Alors dans ma tête, ça a empiré. J’ai commencé à me faire des films, à me persuader que mon amoureux allait me quitter du jour au lendemain sans rien dire et surtout sans que je m’y attende (merci, le passé). Alors je me suis protégée. Et je me suis éloignée petit à petit. J’évitais les contacts, j’étais distante… En gros, j’ai tout fait pour ne pas avoir mal le jour où il aurait décidé de partir. En plus de tout ça, mon boulot a pris une tournure différente et m’a demandé plus d’attention, alors j’ai enfoui ma tête dedans, en oubliant de la relever pour respirer. Je pensais à tout sauf à moi, parce que penser à moi, c’était voir une nana qui n’était indispensable pour personne.

Ajoutez à cela une petite dose de charge mentale et le tour était joué : le week-end dernier, j’ai craqué. Ça faisait plusieurs jours que je pleurais sans raison. Je devenais relou au point de m’autosaouler, je cherchais sans cesse la petite bête. J’ai compris que ça ne pouvait plus durer quand je me suis mise à pleurer au milieu de la braderie du Vieux-Lille, seule avec ma poussette. J’ai appelé l’amoureux au secours, je suis rentrée chez moi en larmes. Et une fois rentrée, j’ai tout dit. Et lui m’a écoutée. Et surtout, il a pris tous mes délires au sérieux et m’a rassurée. Il a répondu à toutes mes questions de détresse et de fragilité avec sérieux et sincérité, sans jamais se moquer ou me dire que je devenais folle. Et après une grasse mat’, des viennoiseries et un bouquet de fleurs, ça allait déjà mieux le lendemain. Et depuis ça va de mieux en mieux. Et ça ira de mieux en mieux. Il y aura des bas, des doutes, bien sûr. Mais je sais qu’il sera là. Il ne partira pas. Et notre merveilleuse petite fille, même si elle ne jure que par le fromage qui pue, a besoin de moi parce que je suis sa maman. Et je ferai mon possible pour être la meilleure pour elle. Avec le meilleur des papas à mes côtés, ça ne devrait pas être si compliqué. »

Et j’avais raison.

Depuis ce post, cinq mois se sont écoulés. Cinq mois pendant lesquels j’ai réappris à sourire, à faire confiance, à me faire confiance, à profiter de ma merveilleuse petite fille, et à accepter aussi de ne pas m’émerveiller tout le temps, à comprendre que ça ne fait pas de moi une mauvaise mère pour autant. Je sais que je suis une bonne mère. Pas dans le sens universel du terme, je suis persuadée que ça n’existe pas. Juste dans le mien, le nôtre. Je suis sûre de mes choix, je sais que je suis la meilleure personne pour m’occuper de ma fille. Je sais aussi que je suis l’amoureuse dont mon amoureux a besoin. Parce qu’il m’a choisie moi, avec mes imperfections, mes sautes d’humeur, mes caprices, ma folie, mon humour débile, mon humour fin, mon humour intelligent, mes fesses, mes seins (même différents), ma tête, mon corps, mon esprit, mes pets, il a pris tout le package. Et il m’aime comme ça. Et je l’aime tellement aussi pour tout ça.

Si jamais tu passes par ici, jeune nullipare en désir ou en cours de fabrication d’enfant, laisse-moi te dire une chose : non, ce ne sera pas tous les jours facile. Non, ce ne sera pas que du bonheur. Oui, on va te faire caca dessus. Tu ne dormiras pas toutes les nuits. On risque même de te vomir dans la bouche (true story). Mais parfois, souvent même, tu ressentiras un bonheur et un amour tellement grands, que même dans tes rêves les plus fous, tu ne peux pas l’imaginer.

Pour tout le reste (parce que ça ne l’efface pas) …

Prenons un café !

Crédit photo : © Lexk Photo‏

 

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