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Instant glamour : les suites de couche

Alerte : cet article est susceptible de heurter la sensibilité des plus fragiles. Si c’est votre cas, allez plutôt boire un café. Ou restez et apprenez, après tout, c’est l’histoire de la vie (le cycle éternel).

Avant d’avoir un enfant, je savais que les bébés, ça poussait dans le ventre des dames. Je savais aussi que ça sortait par le vagin de ces dames. Et que ça faisait mal avant de sortir et pendant de sortir. Mais à propos de ce qui se passait après tout ça, c’était la page blanche.
Vous avez peur de l’accouchement et vous pensez que c’est la pire chose qui puisse vous arriver ? Voyez plutôt…

Previously, in “the walking dead”…

J’avais prévenu les âmes sensibles…

Quand je suis tombée enceinte de Cacahuète, j’avais peur d’une chose: l’accouchement. En même temps, comment pouvait-il en être autrement ?  Entre la cousine Mildred qui a mis au monde un bébé de 6kg500 en 48 heures (sans péridurale), la voisine qui a accouché sur le bord de l’autoroute faute de temps, et la meilleure amie du frère de la belle sœur d’un cousin éloigné qui a donné naissance à des jumeaux alors qu’à l’échographie, il n’ont toujours vu qu’un seul fœtus (si, si, j’te jure, c’est Germaine qui me l’a dit), il n’y avait pas de quoi être rassuré.

Je t’entends d’ici, jeune nullipare (mâle ou femelle) qui passe ici par hasard, tu te demandes qui sont ces gens qui osent raconter ce genre d’histoire à une femme enceinte. Et bien, sache qu’à la minute où elle annonce sa grossesse, une femme tout entière tombe dans le domaine public. De ses oreilles chastes à son ventre, de ses hémorroïdes à son périnée, plus rien ne lui appartient. Laisse-moi te présenter les choses autrement. Imagine on est jeudi (ou vendredi), et tu fais tes courses au supermarché. Jusqu’ici, tout va bien, il ne te reste plus qu’à choisir tes glaces au rayon surgelé. Soudain, un-e inconnu-e te remarque, enfourne son caddie et fonce sur toi tel un taureau enragé. Ta réaction première est de t’enfuir, et c’est bien légitime. Sauf que des glaces, tu en as mangé tellement ces derniers temps que ton ventre est aussi gros qu’une pastèque. Alors niveau capacité migratoire, tu pourras repasser. Quand l’inconnu-e au caddie arrive à ta hauteur, tu n’as pas fait plus de 2 pas. Te voilà pris-e au piège ! Et là, entre les Mars et les Snickers, ce sont deux mains qui viennent d’un monde jamais vu (encore!) qui s’approchent de ton ventre-pastèque ! Tu n’arrives pas à le croire, mais c’est en train d’arriver : cet-te inconnu-e est en train de caresser une partie de ton corps sans te l’avoir demandé ! Et en plus, il-elle se permet des questions que seul ton gynécologue devrait être autorisé à poser. Je vois ton petit air interrogatif, jeune nullipare. Tu aimerais avoir des exemples.
Allez, rien que pour toi, voici un top 3 des choses délirantes qui me sont arrivées quand j’étais enceinte, et qui n’arriveraient jamais à une femme qui ne porte pas de bébé :

  1. Alors que la discussion tournait autour de l’emplacement de mon ventre (haut ou bas), une personne qui n’était ni mon mec ni ma sage femme a cru normal de venir mettre sa main en haut de mon pubis pour me prouver que oui, mon ventre était encore très haut, et que non, l’accouchement n’était pas pour maintenant. À 1 mois et demi de mon terme, cette démonstration était donc capitale.
  2. Lors d’un repas de famille, entre le plat et le Saint Albray, on m’a demandé si je n’étais pas trop constipée, et si j’allais souvent à la selle.
  3. Last but not least : on m’a demandé si Pataton n’avait pas trop de mal à faire l’amour avec moi au vu de mon état. Non mais c’est vrai, ça ne devait pas être facile, pour lui…

Tout ça pour vous dire, que oui, un tas de sujet est abordé pendant la grossesse. Que vous le vouliez ou non. Et bizarrement, il y en a un qui n’est jamais, mais alors jamais évoqué…

Les. suites. de. couche.

Les suites de couches, c’est ce qui se passe après la naissance de l’enfant. Oui, on vous dit qu’une fois le bébé dans les bras, vous oublierez tout ce qui s’est passé avant. Par contre, on ne vous dit pas que c’est ce qui va se passer après que vous aimeriez oublier.

L’histoire que vous allez lire est bien entendu la mienne. Et comme chaque histoire de naissance, elle est unique. Mais je suis tellement tombée de haut après mon accouchement que j’ai envie de parler de cette période. Pour avertir, peut-être. Mais surtout pour casser cette image sociétale qui veut qu’on soit les plus épanouies et les plus fraîches après avoir eu un bébé. Non, tout n’est pas rose, et non, on n’est pas sur un petit nuage après l’accouchement, ce n’est pas vrai. Ou alors le petit nuage est sponsorisé par Tena, célèbre marque de protections pour les fuites urinaires.

Ce fut personnellement mon plus gros choc. Pendant plus d’un mois, j’ai été incapable de contrôler mes envies de faire pipi. Pour tout vous dire, les deux premières semaines, je ne sentais même pas lorsque j’avais besoin d’aller aux toilettes. La cause ? Mon périnée qui avait pris cher lors de la sortie de Cacahuète (et les 9 mois précédant ce doux moment). J’ai appelé cette période bénie “les chutes du Niagara” : tout mon corps fuyait littéralement. Parce que ma vessie n’était pas la seule à faire sa vie sans mon consentement, mes seins avaient pris leur indépendance, eux aussi. Bonjour les fuites de lait intempestives devant le pharmacien, le pédiatre, le kiné, le dealer (rayez la mention inutile) ! Et ne parlons pas des draps trempés…

Ha mais si, parlons de ces draps, justement ! Vous vous souvenez, enceinte, quand vos hormones vous donnaient de jolis cheveux, une bonne mine, et un caractère de crotte ? Figurez-vous qu’avec votre bébé, celles-ci se sont aussi fait la malle. Enfin, pas aussi rapidement que l’enfant, mais elles chutent considérablement en tout cas. Et cette chute d’hormone, au début, elle fait transpirer. Surtout la nuit. Et dans mon cas, la transpiration, elle sentait l’eau de cuisson du riz. Autant vous dire que c’est un plat que j’ai évité quelque temps. Quand j’avais le temps de manger, je veux dire. Et que serait ce doux mélange de fluides sans les lochies…

Les quoi ?

Les lochies sont des pertes sanguines qui surviennent tout de suite après l’accouchement (césarienne ou voie basse) et qui peuvent durer jusqu’à 6  semaines. Elles sont dues au décollement du placenta et à l’expulsion de tous les résidus organiques présents dans l’utérus pendant la grossesse. Attention, il ne faut pas confondre les lochies avec le retour de couche, qui est le premier retour des règles après l’accouchement. Le retour de couche est la remise en route des cycles menstruels alors que les lochies sont les suites logiques de l’accouchement. Et c’est long. Très long.

Je ne vous parle pas des suites de couche pour vous effrayer, loin de moi cette idée. J’en parle parce que c’est un sujet qu’on évite d’aborder dans les transmissions familiales, dans les discussions avec les copines et pire encore, dans les salles de cours de préparation à l’accouchement. C’est pourtant un moment clé, qui devrait à mon sens être préparé.
Après l’accouchement, on fait face à un bébé et à un rôle de maman inconnus, c’est vrai. Mais on se retrouve également face à un corps qu’on ne reconnait plus ni visuellement ni sensoriellement. Et c’est aussi perturbant et difficile que d’apprendre à être parent. Mais rassurez-vous, ce nouveau corps, on finit par l’apprivoiser. Et les fuites finissent pas se colmater. Seules quelques larmes coulent encore parfois, par-ci, par-là. Et dans ces moments-là…

Prenons un café !

Crédit photo : © Lexk Photo

 

 

 

 

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2 commentaires

  • Aline

    Aaaah merci d’en parler! Je pense être la copine sadique, qui, quand elle croise une amie enceinte, dis toujours qu’on nous prépare pas suffisamment à l’apres!
    Oui l’accouc c’est pas une partie de Scrabble, mais ce n’est que quelques heures comparé à ces suites de couches, la rééducation à faire etc…

    • Banana

      Haha moi aussi je suis cette copine, mais je ne pense pas que ce soit sadique, au contraire, c’est plutôt bienveillant. Même si peut-être un peu effrayant. Mais très honnêtement, mon accouchement était tellement plus facile que l’après. Et pourtant il a duré 36 heures en tout…

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