Blog,  Naissance,  Vie

De mon temps…

Comme tout le monde ou presque, avant d’avoir un enfant, je n’étais pas la maman de quelqu’un. Par contre, j’étais l’enfant de quelques uns. J’étais aussi la Banana d’un Pataton, et la Meredith d’une Cristina, mais ce n’est pas le sujet.

Je suis née à la toute fin des années 1980, il y a donc presque 30 ans (que celui qui a un commentaire à faire à ce sujet sorte immédiatement de cet article). Et devinez quoi ? Il y a 30 ans, les choses en matière d’éducation étaient bien différentes d’aujourd’hui !

No shit, Sherlock !

Chaque jour de notre vie de parent, nous sommes confrontés au regard des autres. Et alors qu’on peut se ficher complètement de l’avis de notre voisine de pallier, il y a des conseils/remarques/injonctions/c*nn*r**s qu’il est plus difficile d’ignorer : ceux que nous donnent les personnes de notre famille qui ont eu des enfants avant nous. Mais pas 1 an avant nous. Plutôt plusieurs saisons de Friends avant nous. Alors oui, je conçois que la plupart de ces paroles sont prononcées avec une bonne intention, mais il faut bien avouer qu’il est parfois difficile de garder son calme face à des “De mon temps, c’était mieux” ou autre “Je le sais, hein, j’ai élevé des enfants avant toi”.

Seulement, avant de nous agacer de toutes ces remarques, il serait bon de remettre les choses dans leur contexte, d’un côté comme de l’autre. Nos parents et autres ascendants n’avaient pas accès à ce qui envahit nos vies en permanence : l’information. Ne vous méprenez pas, je ne dis pas qu’ils étaient ignares, bien au contraire. Mais le fait est qu’aujourd’hui, nous avons beaucoup plus de réponses à nos questions qu’il y a plusieurs dizaines d’années. Je dirai même qu’on se pose tellement plus de questions qu’il y a plusieurs dizaines d’années. La faute à qui/quoi ?

Internet, pardi !

Internet, oui, mais pas seulement. La science et la recherche y sont aussi pour quelque chose. Il a été démontré à plusieurs reprises que l’enfance était une période de la vie déterminante pour la construction de l’être et non seulement un état de passage avant d’être adulte, là où la (vraie) vie commence. Et alors que ces démonstrations sont extraordinaires pour le bien être des vies futures, elles sont aussi sources d’angoisse pour les parents 2.0 que nous sommes.

Laisse-moi te présenter la situation sous un autre angle, jeune nullipare (mâle ou femelle) qui te serais perdu sur cette page. Disons que depuis quelque temps, tu as un poisson rouge. Disons aussi que tu l’as appelé Maurice. Et qu’il a bouffé tous les Choco Suisses. Pour son bien, tu le nourris. Tu nettoies son bocal/aquarium régulièrement. Et de temps en temps tu le regardes en ouvrant la bouche pour essayer de communiquer. En gros, tu fais tout ce qu’il faut pour le maintenir en vie jusqu’à ce qu’il se sente prêt à quitter le nid (le plus souvent par la cuvette des WC). Mais un jour, des scientifiques spécialisés en neurosciences chez les poissons rouges découvrent que non seulement il faut assurer le confort matériel de Maurice pour qu’il se sente bien, mais qu’en plus les périodes enfance et adolescence sont cruciales pour qu’il devienne un adulte épanoui et plein de confiance en lui. Et là, tout est à reconstruire. Ce qu’on t’a transmis de génération en génération en matière d’éducation de poisson va à vaut l’eau.

Et oui, il ne suffit plus d’assurer la survie alimentaire et technique de nos enfants, voilà maintenant qu’il faut faire en sorte qu’ils soient les plus épanouis émotionnellement et psychologiquement. Adieu éducation “à la dure”, bonjour “parentalité positive”. Et n’oublions pas non plus de leur transmettre quelques bonnes notions telles que :

  • Le féminisme et l’égalité
  • Le consentement
  • Le décryptage de l’information
  • L’écologie
  • Etc.

Ce que j’essaie de vous dire, ici, c’est qu’être parent en 2010 est sans doute tout aussi difficile qu’en 1980. Mais les clés pour y parvenir sont différentes. L’environnement a changé, les mœurs ont évolué, et les réponses ne se trouvent plus dans le passé. Nous devons composer avec des codes qui se déconstruisent et un avenir qu’on ne maîtrise pas. Et même si Tatie Jacqueline s’évertue à vous dire que c’était mieux “avant”, les choses ne seront plus jamais comme “avant”. Ce n’est pas moins bien. Ce n’est pas forcément mieux. C’est juste maintenant. Et c’est au présent que j’ai décidé d’éduquer mon enfant. Aujourd’hui, je sais ce qui est bon pour ma fille. Et aujourd’hui, vous savez ce qui est bon pour vos enfants. Ne laissez personne vous dicter une façon de faire, car la meilleure est celle que vous avez choisie.

Alors, d’accord, nos enfants ne sauront jamais si Ross et Rachel avaient vraiment rompu, ils ne chanteront pas I will Survive en yaourt et peinture bleu-banc-rouge pendant l’été 1998, et ne reproduiront pas les chorégraphies des 2be3 dans Pour être libre devant le miroir de la salle de bain, mais il y a des tas de choses qui existaient avant auxquelles ils n’échapperont pas : l’amour, la bienveillance et l’intime conviction que nous faisons les bons choix. Et pour tout ça…

Prenons un café !

Crédit Photo : © Lexk Photo

 

 

Articles similaires

5 commentaires

  • Mel.

    Je suis fan ?
    Allez je fais la maline je suis un peu plus jeune.
    Sinon mm qd tu passes de 1 à 2 on te donne des conseils… Pourtant le premier semble avoir survécu à ses 3 premières années ?

  • Delphine

    Je confirme, même au deuxième on donne des conseils du style : « tu devrais le posé, fais pas comme le premier! »
    Je comprend pas mon aîné se porte très bien! Un peu d’amour ne fait pas de mal !
    Ps: merci pour le partage de votre blog j’a-dore!
    Hum un cookie ?

Répondre à Mel. Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.