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Échec… Mais pas mat !

Comme tout le monde, ou presque, je savais 2-3 trucs à propos des bébés avant d’en avoir :

  1. Un bébé, c’est petit. Moins qu’un Chipmunk. Mais plus qu’un Ewok.
  2. Un bébé, ça bave. Beaucoup. Surtout sur ton pull fétiche 5 minutes avant de partir au travail.
  3. Un bébé, ça mange.

Et c’est sur ce troisième point que je vais m’attarder dans cet article. Un bébé, ça mange. Mais quoi ? On m’avait dit dans l’oreillette que jusqu’à 6 mois, il était préférable de lui donner du lait. Je ne savais juste pas comment j’allais m’y prendre.

Sein ou biberon ?

Bon, après quelques recherches sur le sujet, j’ai compris que le lait maternel était le plus adapté aux bébés. Pour la question de mon corps, Cacahuète se l’était déjà tellement approprié depuis quelques mois que l’idée de le partager avec elle encore quelque temps après l’accouchement ne me dérangeait pas plus que ça. Enfin, mon côté bio-écolo-zéro-déchet me démontrait que, pour notre planète, l’allaitement était sans doute la meilleure solution. Alors je me suis tout naturellement dirigée vers cette alternative. C’était MON choix. Et il était mûrement réfléchi. Pour autant, je ne voulais pas me mettre la pression en cas d’échec : si ça ne marchait pas, on se dirigerait vers le biberon, et ça ne serait pas si grave.

Mais voilà, lorsque Cacahuète a pointé le bout de son nez, les choses ne sont pas passées comme je les avais imaginées. Alors que la fameuse “tétée d’accueil” s’était passée à merveille, la mise en place de l’allaitement en tant que tel a été plus que difficile. Elle ne voulait pas prendre le sein et hurlait à chaque fois qu’elle se trouvait trop près d’un bout de téton.  Pourquoi refusait-elle mon sacro-sein ? Je ne le savais pas à ce moment-là (la raison fera sans doute l’objet d’un prochain article #teasing). Et ai-je réagi calmement en mode “ce n’est pas grave, donnons-lui un biberon” ?
AB-SO-LU-MENT… PAS.

À ce moment-là de ma maternité, j’étais juste désemparée. Dans ma tête de toute jeune maman épuisée, une seule réflexion tournait en boucle : une journée. Ça ne m’avait pris qu’une toute petite journée pour échouer dans mon rôle de maman. Pataton avait beau me répéter que je n’y étais pour rien, je ne pouvais pas m’ôter de la tête que tout ça était MA faute. Surtout que parmi le personnel médical, personne ne comprenait ce qui se passait. Toutes les conditions étaient bien réunies pour que l’allaitement se déroule à merveille.


Bonjour, Madame culpabilité… Pas ravie de faire ta connaissance si tôt.

Cette culpabilité s’est très vite transformée en acharnement : il était devenu hors de question pour moi de donner autre chose que du lait maternel à Cacahuète. Je persistais à vouloir lui donner mon sein. Et elle persistait à le refuser. Elle hurlait tellement qu’à 2 jours, elle avait déjà une extinction de voix. Cette nuit-là, complètement à bout, nous avons appelé une puéricultrice, qui nous a ramené un biberon de lait artificiel. Et pendant que Pataton était heureux de partager ce moment avec sa fille pour la première fois, je pleurais toutes les larmes de mon corps. Mon échec était devenu officiel.

Le lendemain, forte d’au moins 2 heures de sommeil, mon mode Wonder Woman s’était réactivé. Et j’avais surtout réfléchi : si ça m’avait fait autant de mal de voir ma fille prendre ce biberon, c’est que je tenais à mon allaitement bien plus que ce que je ne l’avais imaginé lorsque j’étais enceinte. Et pour la première fois en tant que maman, j’ai fait ce qui sera par la suite mon mantra : JE ME SUIS ÉCOUTÉE. Ce biberon de lait artificiel fut le premier et le dernier que ma fille ait pris.

Coupable, oui. résignée, jamais !

Bon, de toute évidence, il était toujours hors de question pour Cacahuète d’approcher un nichon de gré ou de force. Et si je devais m’écouter moi, il était indéniable que je devais l’écouter elle aussi pour que notre duo mère-fille puisse fonctionner. Nous avons donc allié ma décision à la sienne, et nous avons commencé la “formidable” aventure du tire-allaitement.

Si tu es nullipare ou biberonnant (mâle ou femelle), une petite explication s’impose sans doute. Le tire-allaitement se rapporte à l’action de tirer son propre lait pour ensuite le donner à son enfant dans un contenant différent du sein (biberon, pipette, tasse à bec, verre à bière, rayez la mention inutile). Pour tirer son lait, deux options sont proposées : le tire-lait manuel (qui ressemble à une pompe que l’on presse pour exprimer son lait) ou le tire-lait électrique (la même, mais c’est la machine qui fait le travail grâce à l’invention d’un certain Thomas Edison). Dans les deux cas, le glamour n’existe pas. Je pourrais vous parler de la fois où j’ai tiré mon lait devant mon père, mais cet épisode représente encore un léger traumatisme pour moi.

Je me suis donc retrouvée à tirer mon lait 6 à 8 fois par jour, 3 jours après mon accouchement. Quand nous sommes rentrés à la maison, nous avons continué sur ce rythme. Je tirais mon lait, et Pataton donnait le biberon. Ce n’était pas de tout repos, mais nous avons tenu bon jusqu’à ce que, miraculeusement, Cacahuète accepte le sein 12 jours plus tard.

Mon propos dans cet article n’est pas de faire l’apologie de l’allaitement, bien au contraire, – je suis convaincue que la meilleure façon de nourrir son bébé, c’est celle que l’on choisit.
Ce que j’essaie de vous dire, ici, c’est que s’il y a bien une chose qui m’a aidée à faire face au défi de la parentalité, c’est de m’écouter. Et d’écouter mon bébé. Bien sûr, il y a toujours quelqu’un pour me dire que je ne fais pas les choses de la bonne façon. Et la plupart du temps, ce “quelqu’un” s’appelle Evil Twin, ma jumelle maléfique, accompagnée de Madame Culpabilité, sa cousine.  Je suis sûre que, vous aussi, vous les connaissez bien, ces deux inséparables… Alors en attendant qu’elles reviennent (parce que, oui, elles reviennent toujours), écoutons-nous et…

Prenons un café !

Crédit photo : © Lexk Photo

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6 commentaires

  • Mel.

    J’adore ce récit, vécu pour mon premier de la mm manière sauf que je ne l’ai jamais remis au sein.
    Il y a tellement de légèreté et une envie de sourire en le lisant ! Vrmt sympa.
    J’attends la suite.

  • Ton homonyme (in)connue

    J’ai rigolé au passage du père B….z (je tais ton nom de famille). Moi j’ai arrêté il y a peu, à six mois. Et au début je n’aurais jamais cru tenir si longtemps. Mais tu fais bien de le (re)dire, la meilleure alimentation pour son enfant, c’est celle que l’on choisit. Chose que je n’ai pas faite au début. Mais que finalement je ne regrette pas. Conséquence directe ou non de l’allaitement, bébé n’a encore jamais été malade et ça c’est coooool ?

    • Banana

      Haha, j’aurai tendance à te dire que c’est sans doute une des conséquences de l’allaitement, car Cacahuète non plus n’a jamais été malade (à part à cause des poussées dentaires). Notre médecin l’appelle d’ailleurs sa “petite pub pour l’allaitement” 🙂
      Et mon père te remercie. Je crois :p
      Bises

  • mawii

    C’est tellement rassurant de lire ça…
    hé oui, même pour moi!
    En tant que nullipare-convaincue-mais-bienveillante/depuis-toujours/sans-regret/nonjenechangeraipasd’avisplustard/sisij’adorelesenfantsmaisjen’enveuxpas…
    Même si je suis très épanouie de ma situation, il m’arrive de développer un complexe d’infériorité face à toutes ces merveilleuses wonder-maman (sans ironie!) qui me semblent pouvoir tout affrontrer!
    C’est rassurant de voir qu’avant d’être mères, vous restez finalement des filles comme les autres… Et que finalement on se ressemble encore un peu!

    • Banana

      Merci pour ton commentaire Mawii <3
      Reste dans tes convictions et dans tes choix, c'est le meilleur moyen d'être épanouie. Un enfant, ça se fait si on en a envie, pas sous le coup d'une pression quelconque (société, famille, conjoint). Tu es une merveilleuse wonder-nullipare !

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