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Les groupes et applis de “mamans” ou le tribunal de la parentalité

Comme tout le monde, avant d’avoir mon premier enfant, je n’avais jamais eu d’enfant. Bien sûr, j’avais déjà été confrontée à l’enfance : animation de centres de loisirs, baby sitting divers et variés, et même enseignement de la danse. Mais je n’avais jamais eu la responsabilité à vie d’un petit être que j’avais décidé d’amener sur la planète. Et comme tous les humains fraîchement débarqués, Cacahuète n’a pas été livrée avec le mode d’emploi. Alors quand la première question existentielle à propos de ma fille a pointé le bout de son nez, j’ai eu le réflexe le plus répandu pour une personne ayant grandi dans les années 1990 – 2000…

Je suis allée sur Internet.

Grave erreur, ma p’tite dame, grave erreur !

Oui, Internet apporte beaucoup de solutions au quotidien, dans des tas de domaines. Mais en matière de parentalité toute fraîche, je crois bien que c’est le pire endroit sur Terre.

Laisse-moi te resituer le contexte, jeune nullipare (mâle ou femelle) qui passe par là. Après 24 heures de marche – ou 36, si comme moi tu n’as pas de chance -, tu arrives enfin au sommet du Mont Mamoune (12548 mètres de hauteur, des dénivelés à n’en plus finir, et tout ça sans péridurale). Tu es crevée et tu ne veux qu’une chose : prendre un bain chaud, enfiler ton pyjama en Pilou et t’endormir devant Netflix. Malheureusement, la seule chose qu’on te propose à ton arrivée, c’est une chambre à la lumière blafarde, des plateaux repas aussi appétissants que les Catisfactions de ton chat, et le fameux réveil dont on a parlé dans l’article précédent. Tu sais, celui qui sonne toutes les 20 minutes. Comme ton voyage en parentalité ne ressemble en rien aux photos vues sur Instagram, tu vas sur Google pour te plaindre et exige un retour du service après vente. La base. Sauf que dans ce monde-là, le SAV s’appelle “We Moms”, “Baby Center” ou encore “Magic Maman”.

Et là, c’est le drame.

Parce que le piège de ces plateformes/forums, ce n’est pas qu’elles sont bourrées de conneries. Ça, à la limite, on peut en faire le tri. Le vrai problème, c’est qu’elles sont addictives. Une fois allumées, on s’accroche à ces applis comme à la dernière clope du paquet.  Et alors qu’on cherchait désespérément des réponses à nos questions, on se met petit à petit à chercher les faiblesses des autres mamans. De celles qui galèrent encore plus que nous. Parce que voir les autres “échouer” là où nous on réussit, ça a un côté assez jouissif.

Je me suis donc transformée en une de ses mamans bitcheuses en chef, à base de “Non mais l’autre elle donne une sucette à son bébé et elle se demande pourquoi il ne tète pas correctement son sein…” pendant que ma fille était en remake permanent de Maggie Simpson… Ou encore “Non mais c’est quoi ces mères qui donnent du Blédina à leurs bébés. C’est si compliqué d’éplucher une carotte ?” quand moi-même je ne me la joue Top Chef pour ma fille que le week-end. Et même pas tous les week-end. “Mais j’achète des pots bio alors ça ne compte pas.” GnaGnaGna.

Qui étais-je pour juger ces nanas qui étaient tout simplement dans le même bateau que moi ? Et surtout, pourquoi ces applications avaient cet effet-là sur moi ?

Et un jour j’en ai eu marre d’être à l’opposé total de mes convictions bienveillantes. Alors j’ai désinstallé toutes ces applis parce qu’elles me rendaient malheureuse. Et je me sens bien mieux sans réponses à mes questions. Comment je fais ? J’improvise. Je parle aussi à mes amies quand ça ne va pas. Parce que, même si j’ai quand même appris des choses grâce à Internet, mes copines de la vraie vie m’ont apporté mille fois plus car leur soutien était réel. Et bienveillant. Alors si vous aussi, chers parents, vous avez besoin d’un soutien réel et bienveillant…

Prenons un café !

Crédit photo : © Lexkphoto

 

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